par Mélanie Sevilla

Les émotions au service de la performance : le management autrement

Poursuivre le rythme et l’activité malgré la situation sanitaire actuelle est un challenge pour certains, une preuve d’agilité pour d’autres. Le télétravail, les visio conférences, l’organisation se réinvente, malgré la distance. Le partage est là. Et les entreprises le disent.

Pourtant, c’est aussi un moment de réflexion qui se présente. Un temps pour revoir les fonctionnements, revoir les priorités. Aussi, lorsque j’entends « je suis sur Zoom de 9h à 18h », une question me vient : peut-on vraiment continuer cette fuite en avant ?

D’autant que les dirigeants, les salariés, les étudiants futurs juniors, les entrepreneurs, l’humain en général se retrouve dans un tourbillon d’émotions fortes et inédites qui changent le quotidien et automatiquement, la façon de travailler.

Jamais il n’a été autant important de tenir compte de ces / ses émotions pour travailler. Peut-être est-il venu le temps d’envisager qu’émotions et efficacité peuvent être complémentaires ?

L’intelligence émotionnelle, un élément essentiel de nouveaux recrutements

Voila quelque temps que l’on entend parler de QE (Quotient Emotionnel) en parallèle du QI (Quotient Intellectuel). Ou savoir-être et Savoir-faire. Ou encore Soft Skills et Hard Skills. Il s’agit de montrer qu’au-delà du savoir faire, de l’expertise, les compétences propres à chacun, telles que la confiance en soi, l’autonomie ou encore la créativité, sont une réelle valeur ajoutée pour les entreprises.

Parlons ici de l’Intelligence Emotionnelle. Cette capacité dont certains disposent, à reconnaître, comprendre et maîtriser ses propres émotions, tout en composant avec celles des autres, afin d’orienter ses actions. C’est donc faire preuve d’adaptabilité, d’agilité lorsque la situation change, lorsque les intervenants se suivent et ne se ressemblent pas.

Cette compétence liée aux émotions est suivie, étudiée et les dernières avancées dans les neurosciences cognitives montrent le rôle essentiel joué par les émotions dans les capacités d’apprentissage, de mémorisation, de relationnel.

Pour un manager, c’est une force que de savoir toucher ses collaborateurs, les comprendre et mettre en place un rythme, des solutions, une ligne directrice dans laquelle chacun saura se reconnaître.

Et c’est une force que de reconnaître et mettre en lumière chez ses employés, cette intelligence émotionnelle qui saura créer du lien, une solidarité, une base solide pour construire, s’adapter aux situations difficiles et innover.

Du management de la performance au management des émotions : Soi

Il est certain que ce savoir-être dont beaucoup parlent, semble très intéressant pour les entreprises. Mais comment faire quand, à première vue, on ne sait pas vraiment composer avec ses émotions ? On ne nous a pas appris ? On veut juste les ranger dans un tiroir parce que l’on pense qu’elles n’ont pas leur place en entreprise et encore moins pour un manager ? Parce que la clé dans cette histoire, c’est l’introspection.
La compréhension de soi.

Aujourd’hui nous démontre encore plus l’importance du lien entre les humains, le relationnel. Il se fait à 2, à plusieurs. Il est donc essentiel de se comprendre soi pour mieux aborder l’autre.

En février 2020 se tenait une conférence passionnante proposée par Sud-Ouest : « Changez le leadership : méditez ! ». En parler aujourd’hui me semble totalement adapté. Et bien plus. Une réelle source d’inspiration et de croissance personnelle et professionnelle, qui se poursuit et à laquelle vous avez accès.

François Besson qui menait cette conférence, incarne bien cet équilibre essentiel. Dans son profil, une solide expérience de management ET de grandes qualités humaines qu’il enseigne et partage auprès des entreprises, en tant que formateur et conférencier en leadership de pleine conscience (mindfulness).

C’est avec bienveillance, sourire et ouverture qu’il nous a partagé quelques éléments assez évidents et pourtant peu appliqués.

Une phrase d’introduction qui donne le ton : « Le leadership aujourd’hui consiste à désapprendre le management et réapprendre l’humain ». Et 3 mots clés, 3 « gros mots » comme il les appelle, que l’on va détailler.

Pleine conscience : être totalement présent lors des réunions, lors d’échanges avec ses collaborateurs. Les membres d’une équipe ont besoin de se sentir écoutés, être connectés. Ce simple lien humain qui ne demande aucune ressource spécifique, simplement l’attention à l’autre, permet d’exprimer son plein potentiel.

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Altruisme : se libérer de l’emprise de son égo, cette pulsion égoïste qui dirige notre première action, nous enferme, nous rend vulnérable. Souffler, respirer, prendre du recul pour une vision d’ensemble et agir avec une confiance profonde, sans attendre la reconnaissance. Etre guidé par le bon sens, le collectif.

Bienveillance : la compassion, le soin des autres et le soin de soi. Oui, la bienveillance commence par soi, par se respecter soi-même, en connaissant ses propres besoins et les satisfaisant, afin ensuite, de pouvoir s’ouvrir aux autres. Et puis la magie de la bienveillance, c’est qu’elle fait toujours du bien à celui qui la ressent !

Au-delà des mots, l’important c’est d’incarner ces valeurs. D’en prendre le chemin. Nous avons tous ces capacités en nous, elles se travaillent. C’est en ce sens que la méditation est un réel atout business. Intégrer les qualités humaines pour agir plus en conscience, dans une vision d’ensemble. Se poser, se recentrer, respirer pour ressentir ses émotions, les accueillir, tout comme celles de ses collaborateurs. Les accepter pour construire en toute connaissance de cause, en tenant compte de chacun (j’oserai un « ici et maintenant »).

François invite les dirigeants à prendre du recul et accepter que tout est lié et commence par les fondations : pour bien diriger son entreprise, il est préférable de bien diriger ses collaborateurs et bien se diriger soi. Se comprendre et se connaître pour adopter la bonne posture face aux situations du quotidien, face aux émotions des autres et faire preuve de souplesse, d’agilité, de créativité.

Dans le contexte actuel, une question : les entreprises peuvent-elles poursuivre une vision seulement économique alors qu’elles sont composées d’humains qui vivent cette situation inédite, avec de nombreuses émotions ? 

« La performance économique n’est pas antinomique avec le bien être de chacun et l’expression des émotions. »

Apprendre à comprendre ses propres émotions permet un meilleur respect de soi, de son rythme. Optimiser son organisation pour accorder les tâches à accomplir selon l’émotion ressentie permettrait accroître son efficacité. Tenter de comprendre les émotions de ses collaborateurs, être à leur écoute, permet de sortir le meilleur de chacun. Et la bonne nouvelle c’est qu’on peut tous y arriver ! De nombreuses ressources sont à notre disposition, surtout dans le contexte actuel, pour nous apprendre à vivre et accepter nos émotions, pour, grâce à la respiration et la méditation par exemple, les laisser sortir et pouvoir se remplir d’une énergie plus positive, plus productive. La méditation pour se recentrer, pour mieux faire avec ce qui nous entoure. Ralentir pour mieux avancer. Relier les savoirs, technique et être. Inventons le management de demain !

Mélanie Sevilla
À propos Mélanie Sevilla
10 ans en agence media à Paris et l'envie de transmettre avec pédagogie la passion des media. De retour en 2013 sur Bordeaux, sa ville natale, Mélanie prend la Responsabilité Pédagogique de la Licence Pro Media, unique Licence media de France, et lance sa structure Middle Bo afin d'accompagner annonceurs et agences de communication dans l'approche des media via les étapes clés de la stratégie : l'analyse, la réflexion, le media planning et l'achat. Et ce sur un périmètre national, régional et local.