Archive :

By Mélanie Sevilla

Publicité, marque, consommateurs : peut-on parler de relation ?

Publicité, marque, consommateurs : peut-on parler de relation ?

@Ivan Kruk

Il est assez rare de lire des mots gentils à l’égard de la publicité. On sent plutôt une non adhésion pour cette pratique et les métiers qui y sont associés. De la manipulation à la promotion en passant par la pollution ou le greenwashing, peu d’approches valorisantes. Et pourtant, il y aurait une infime lumière à percevoir si on changeait d’angle de vue. Une invitation à voir autrement. Attention ici pas de marketing, pas de promo mais une vision plus humaine. On essaye ?

Des changements

Avec la période de crise sanitaire, les consommateurs ont été contraints de revoir leur façon de consommer. Et donc revoir les marques qu’ils achètent. Fini le lèche-vitrine et les achats d’impulsions. Place au raisonnement, au sens et retour à l’essentiel.
Les marques de grandes consommation l’ont bien compris, le consommateur avait la tête ailleurs, il n’était pas d’humeur à tester ou se laisser tenter. Donc les marques ont réduit leurs investissements dans les actions de promotion, ont décalé leur lancement et stoppé pour 64% les actions d’échantillonnage. Repli.
Mais alors, si on met de côté l’approvisionnement des rayons, sur quoi pouvaient s’appuyer le consommateur dans ses choix ?
Sur l’existant. Le capital construit par la marque. Le lien, la relation construite entre la marque et le consommateur. Mais aussi le bon sens et l’engagement.

Quand on ne se voit pas, on se manque.

L’institut CSA a réalisé durant plusieurs semaines, une étude auprès d’un échantillon représentatif de la population française afin d’identifier, entre autres, les marques qui manquent le plus aux français durant cette période de confinement. Au fil des semaines, certaines ressortent régulièrement de cette étude #Brandsandyou : Leroy Merlin, La Fnac, La Poste, mais aussi Air France et McDonald’s.

Rien d’étonnant si on regarde les valeurs qui se cachent derrière ces marques. Des valeurs refuge et humaines. L’envie de faire des choses pour soi, pour son intérieur. S’enrichir par la culture, les loisirs, le bricolage. Penser au lien, aux relations avec nos proches, par l’écrit mais aussi à celles qu’on avait en réel et qu’on aimerait retrouver. Puis l’évasion, le dépaysement, aspirer à ce qui nous a été retiré un temps.

Ce sont également des marques qui ont su construire un lien fort avec les français. Des marques ancrées dans notre inconscient, dans notre quotidien, des marques qui nous parlent ou nous inspirent. Des marques qui créent du lien. Des marques qui ont su proposer un univers fort, par un concept, un message, une musique, un engagement, une mission.

Serions-nous liés aux marques ?

Mais si on parle de manque, on parle donc de relation ? d’émotions ? Il semblerait essentiel pour une marque de construire, notamment par la publicité et tout son éco-système, une relation avec ses consommateurs, de transmettre des valeurs, de dévoiler une personnalité, des intérêts communs, des affinités !

Étrange pour certains de parler de relation entre un produit, une marque et un individu. Et pourtant, l’entreprise peut être considérée comme une personne morale, il est donc cohérent d’envisager de lui attribuer des valeurs, une personnalité, des engagements comme tout autre individu. Et c’est cette intention qui permettra de construire des marques plus solides, plus en phase avec les attentes du consommateur, plus vraies.

Durant cette période, les distributeurs ne sont pas en reste. Dans l’étude #Brandsandyou, nombre d’entre eux sont cités comme utiles pour les français. Focus sur la marque Leclerc qui a fait du pouvoir d’achat son message principal, et qui a su reprendre la parole avec un brin d’humour et beaucoup d’empathie en mettant en lumière les différents efforts réalisés par les français. C’est un lien créé sur le long terme qui permet à l’enseigne de reprendre la parole avec justesse dès la sortie du confinement. Les résultats sont là : la mesure réalisée par YouGov montre une évolution significative du souvenir publicitaire et de l’intention d’achat. Sachant que la précédente vidéo de l’enseigne sortait mi Février avec la même mécanique de présentation des différentes façons de mieux consommer, que les français tentent de mettre en place dans leur quotidien.

Proximité et décalage, l’agence BETC a su analyser et comprendre les consommateurs dans leur diversité et les rattacher de façon cohérente à l’engagement de la marque et sa personnalité dans ses prises de parole.

Tous différents, y’en aura pour tout le monde  !

Aussi, pas question de tomber dans la tendance et la banalisation. Faire rire ? – ok on a de la ressource. Faire pleurer ? – ça peut s’arranger. Attendrir ? – on devrait y arriver. Plus engagé et sérieux? – on s’y attache. Non, l’important c’est de rester soi même. Ne pas faire semblant. Les consommateurs sont aguerris à l’exercice du marketing et voient bien quand les marques se jouent d’eux. La confiance Marque/consommateur est déjà bien effritée. Il est temps de tomber le masque #noFilter, de se révéler tel que l’on est, de rester aligné avec sa personnalité.

En Octobre 2019, un article très intéressant de Stratégies abordait la crise potentielle de la raison d’être des marques et concluait par une question : « A quoi bon chercher à se définir quand on est tous les mêmes ? ». Transposons cette question à l’individu et voyons comme cette phrase interpelle.

Bien sûr que nous sommes tous différents ! Et si chacun cherche à faire au mieux, c’est bien dans le respect de ses valeurs et de sa personnalité. Si certains pensent se retrouver un peu dans d’autres, il y a une limite, car comme on le sait, nous sommes tous Uniques.

Pour les marques, c’est la même chose. Bien qu’elles cherchent à répondre à des attentes et à s’engager par des preuves, chaque marque a son histoire, sa façon de s’exprimer, ses propres collaborateurs et dirigeants qui l’a font grandir à leur image.

Un yaourt reste du ferment et du lait et pourtant, regardez à quel point les rayons sont riches dans leur diversité. Une offre diversifiée de par ses attributs produits, son histoire, sa communication, ses engagements, son actualité. Certains mettent également en avant le petit plus dans la fabrication, à l’image des 300&Bio dont l’ingrédient secret serait la générosité. Et d’autres s’excusent de leurs erreurs avec humilité tel Uber en 2017 et qui a également su communiquer avec empathie et solidarité dernièrement

Générosité, empathie, humilité, solidarité, des valeurs très humaines quand on y pense. Chaque marque est donc unique et saura proposer une réponse qui lui ressemble.

Apprenons à nous connaitre

Quoi qu’il en soit, les français sont pluriels, c’est aussi ce qui fait la richesse de notre pays, des débats qui l’animent. Pluriels dans leur définition socio-démographique, dans leur comportement, dans leurs attentes. Il peut y avoir autant de discours de marque, que de personnalités existantes. Il y a donc une place pour chaque. Pas mieux ni moins bien. Juste différent.

Dans cette démarche, l’analyse de sa cible a toute son importance. L’étude TGI de Kantar est une mine d’or pour mieux comprendre les attentes, les achats, la vision, les valeurs de ses consommateurs. Sans oublier leur consommation media pour identifier les points de contact où transmettre le message. Kantar a également présenté les résultats de son étude Dimension qui croise les données consommateurs aux données marché. L’heure est à la personnalisation. Ainsi 42% des français préfèrent voir des publicités qui correspondent à leurs besoins et intérêts. Mais attention, 49% des français sont préoccupés par plus de contenus personnalisés, qui signifient plus de risques pour leur vie privée. La relation doit donc se mettre en place en toute transparence et confiance, notamment dans la collecte de la data permettant la segmentation des cibles.

Humains, uniques, complémentaires

Alors ? Est-ce que cette invitation à changer de regard sur la publicité vous aura permis de percevoir ce milieu autrement ? De découvrir que derrière une marque et au-delà du marketing, se cachent des collaborateurs, des managers, des personnes qui insufflent des valeurs, des engagements, des convictions ? Pour construire une relation, créer du lien, participer à l’amélioration du quotidien.

Un dernier point : qui dit relation, émotion et confiance dit aussi potentiellement vulnérabilité pour les marques. Se pose alors une question : se montrer tel que l’on est c’est une chose, mais faut-il le faire aux yeux de tous ?

Et c’est la que l’ensemble des métiers liés à la publicité prennent leur sens. Réflexion, analyse, data, cible, conquête, fidélisation, stratégie, communication, création, médiatisation, digitalisation, … A bon entendeur.

By Mélanie Sevilla

Et si la publicité participait à l’évolution sociétale des femmes ?

Et si la publicité participait à l’évolution sociétale des femmes ?

Quand on fait de la publicité, on dit souvent « ça va, on ne sauve pas des vies non plus ». C’est vrai. Mais la publicité participe à l’évolution de la société. Tout simplement parce que la publicité part du consommateur, des tendances sociétales. Les marques, dont l’objectif est de séduire leur cible, suivent naturellement les changements de comportement, les nouvelles attentes et de ce fait, contribuent à l’expression, la concrétisation de nouveaux courants. Elles font passer leur message auprès d’un large public selon les media qu’elles utilisent, et dans tous les cas, elles ont les capacités de toucher les français.

L’époque que l’on vit depuis quelques années, a vu remettre en question bien des choses qui nous semblaient établies, bien des modèles qui nous rassuraient. On vit une période de grandes libertés où l’on peut construire un « demain » différent, mais aussi où l’on peut imaginer le renversement de tout. Pour rentrer plus dans le vif du sujet, parlons des femmes. Les femmes sont faces à de grands enjeux : s’accepter telle que l’on est, l’égalité face aux hommes, le sexisme, la charge mentale, … Tous ces sujets, certaines marques s’en emparent, à juste titre ou non selon si elles portent ces valeurs dans leur fondement, dans leur ADN. Quoi qu’il en soit, les femmes sont à l’honneur.

De l’acceptation à la transmission

Dove porte ce discours depuis bien longtemps. La marque prend la parole en publicité mais aussi en brand content avec des vidéos longues. On l’associe très facilement à la diversité des femmes et l’acceptation de soi. S’aimer telle que l’on est. Surtout physiquement, quel que soit l’âge, l’origine. (on est d’accord, c’est une forme de culpabilité pour la maman, mais voyons le comme le partage d’une beauté propre). La femme mais aussi la transmission à son enfant. Parce qu’aimer qui l’on est, à l’intérieur et physiquement, c’est une démarche qui commence dès le plus jeune âge. Always a identifié un point de rupture à la puberté et l’a très bien exprimé dans cette campagne multi-primée #CommeUneFille. Portée par des jeunes filles, pour les jeunes filles ET les jeunes garçons qui commencent déjà à cet âge là, à stigmatiser le sexe féminin et ses capacités. Ou comment « Comme une fille » devient une insulte.

La jeune génération accompagnée par un message de liberté

Plus récemment encore, Disney et Barbie se sont saisis du sujet. Les princesses paillettes et peu affirmées ont laissé la place à des princesses modernes, libres, actives, non soumises. Une campagne a permis d’associer les valeurs féminines aux jeunes filles par le prisme des princesses pour leur montrer qu’elles avaient en elles les capacités de réussir ce qu’elles entreprennent et qu’en croyant en elles, elles y arriveraient. #Croisentesrêvesprincesse porte ce message d’égalité et d’ambition. Aux Etats-Unis la campagne a été relayée par des actions pédagogiques dans les écoles.

Barbie, longtemps critiquée pour le physique de ses poupées, a joué sur la diversité de ses poupées, mais pas que. La marque démontre, par l’imagination des petites filles, qu’elles peuvent devenir qui elles veulent, sans aucune barrière. Montrer aux petites filles l’étendue des possibilités qui s’offrent à elles.

Et c’est ainsi qu’en 2018, Dove s’associait à Cartoon Network pour transmettre le message à la jeune génération, dans la cohérence de leur ADN respectif. Une production de contenu pour aborder différents thèmes autour de l’acceptation de soi.

Un combat engagé au quotidien par les marques

Le discours envers la jeune génération est moderne et plus libéré. On espère donc un meilleur équilibre dans les années à venir. Mais qu’en est-il pour nous et nos ainées ? Un travail de fond est nécessaire. Nike s’y attache, notamment avec sa campagne sortie en 2019 Crazy. Personnellement, elle me donne la chair de poule ! Tellement forte dans son message. Ces mots employés pour caractériser les femmes, quand on a une idée, quand on veut défendre un point, quand on prend position, quand on s’insurge, quand on veut aller plus loin, quand on veut se battre pour une chose en laquelle on croit, quand on exprime une émotion ! CRAZYIt’s only crazy until you do it. Just do it. Remettons les choses à leur place, osons être nous-mêmes, différentes des hommes, complémentaires, ni mieux ni moins bien, juste nous. Avec nos idées et nos ambitions.

Quand je disais que l’on vit une époque de liberté c’est qu’il est possible de réaliser de grandes choses, et des petites aussi dans notre quotidien. Ce que l’on veut en fait. La limite est notre imagination. On peut mobiliser des millions de personnes par les réseaux sociaux, on peut changer de métier et se réinventer, on peut partir à l’étranger vivre de nouvelles expériences, on peut écrire un livre et engager un mouvement pour la protection de notre planète. On peut tout simplement avoir une idée, monter un projet, créer une Start-Up. On a dit à Margaux « et le Business plan vous l’avez fait toute seule, comme une grande ? » https://www.youtube.com/watch?v=fWiMMl9uONc Cette publicité de la Caisse d’Epargne montre bien les murs auxquels se heurtent encore les femmes aujourd’hui, même dans l’entourage. Le reflet de la société. Mais si Margaux l’a fait, pourquoi ne pourrait-on pas le concevoir pour nous ?

Un engagement salué en France

Parce que les choses n’avancent pas aussi vite qu’on le voudrait et n’avancent pas toutes au même rythme. Pour que Margaux puisse porter son projet il faudrait que son conjoint dispose d’un congé paternité identique, que la société accepte le concept « d’homme au foyer » sans moquerie ou ironie, que les tâches soient partagées, non pas pour « aider » la femme, mais pour co-construire le foyer. Cette image de la femme moderne comme Orange la propose dans une de ses campagnes où c’est la femme qui travaille, le montre bien.

La charge mentale, sujet fort de ce début d’année, est encore associée à la femme. Penser aux courses en même temps qu’au dossier de la réunion de demain, au rendez-vous d’école et médecin, à l’anniversaire de la copine, … la liste est longue. Et encore une fois, la publicité participe, à sa façon, à l’équilibre de cette charge mentale. Les choses bougent déjà ! Les hommes cuisinent, font les courses ou s’occupent du linge, comme le montre cette publicité pour Ariel.  Le programme UdaFAIRe lancé début 2018 par l’Union des marques a d’ailleurs récompensé cette campagne pour son engagement sociétal. 

Le mot de la fin est positif. On est certes en plein mouvement sociétal, environnemental. La femme défend encore et toujours ses droits et les places de chacun se redéfinissent. Plein de choses sont à imaginer et à créer. On a beau décrier la publicité, penser toujours qu’elle manipule le consommateur, mais il faut le reconnaître, elle participe aussi à faire avancer la société. Et c’est pour ça que j’Aime la pub avec un grand A.

By Mélanie Sevilla

Les émotions au service de la performance : le management autrement

Les émotions au service de la performance : le management autrement

Poursuivre le rythme et l’activité malgré la situation sanitaire actuelle est un challenge pour certains, une preuve d’agilité pour d’autres. Le télétravail, les visio conférences, l’organisation se réinvente, malgré la distance. Le partage est là. Et les entreprises le disent.

Pourtant, c’est aussi un moment de réflexion qui se présente. Un temps pour revoir les fonctionnements, revoir les priorités. Aussi, lorsque j’entends « je suis sur Zoom de 9h à 18h », une question me vient : peut-on vraiment continuer cette fuite en avant ?

D’autant que les dirigeants, les salariés, les étudiants futurs juniors, les entrepreneurs, l’humain en général se retrouve dans un tourbillon d’émotions fortes et inédites qui changent le quotidien et automatiquement, la façon de travailler.

Jamais il n’a été autant important de tenir compte de ces / ses émotions pour travailler. Peut-être est-il venu le temps d’envisager qu’émotions et efficacité peuvent être complémentaires ?

L’intelligence émotionnelle, un élément essentiel de nouveaux recrutements

Voila quelque temps que l’on entend parler de QE (Quotient Emotionnel) en parallèle du QI (Quotient Intellectuel). Ou savoir-être et Savoir-faire. Ou encore Soft Skills et Hard Skills. Il s’agit de montrer qu’au-delà du savoir faire, de l’expertise, les compétences propres à chacun, telles que la confiance en soi, l’autonomie ou encore la créativité, sont une réelle valeur ajoutée pour les entreprises.

Parlons ici de l’Intelligence Emotionnelle. Cette capacité dont certains disposent, à reconnaître, comprendre et maîtriser ses propres émotions, tout en composant avec celles des autres, afin d’orienter ses actions. C’est donc faire preuve d’adaptabilité, d’agilité lorsque la situation change, lorsque les intervenants se suivent et ne se ressemblent pas.

Cette compétence liée aux émotions est suivie, étudiée et les dernières avancées dans les neurosciences cognitives montrent le rôle essentiel joué par les émotions dans les capacités d’apprentissage, de mémorisation, de relationnel.

Pour un manager, c’est une force que de savoir toucher ses collaborateurs, les comprendre et mettre en place un rythme, des solutions, une ligne directrice dans laquelle chacun saura se reconnaître.

Et c’est une force que de reconnaître et mettre en lumière chez ses employés, cette intelligence émotionnelle qui saura créer du lien, une solidarité, une base solide pour construire, s’adapter aux situations difficiles et innover.

Du management de la performance au management des émotions : Soi

Il est certain que ce savoir-être dont beaucoup parlent, semble très intéressant pour les entreprises. Mais comment faire quand, à première vue, on ne sait pas vraiment composer avec ses émotions ? On ne nous a pas appris ? On veut juste les ranger dans un tiroir parce que l’on pense qu’elles n’ont pas leur place en entreprise et encore moins pour un manager ? Parce que la clé dans cette histoire, c’est l’introspection.
La compréhension de soi.

Aujourd’hui nous démontre encore plus l’importance du lien entre les humains, le relationnel. Il se fait à 2, à plusieurs. Il est donc essentiel de se comprendre soi pour mieux aborder l’autre.

En février 2020 se tenait une conférence passionnante proposée par Sud-Ouest : « Changez le leadership : méditez ! ». En parler aujourd’hui me semble totalement adapté. Et bien plus. Une réelle source d’inspiration et de croissance personnelle et professionnelle, qui se poursuit et à laquelle vous avez accès.

François Besson qui menait cette conférence, incarne bien cet équilibre essentiel. Dans son profil, une solide expérience de management ET de grandes qualités humaines qu’il enseigne et partage auprès des entreprises, en tant que formateur et conférencier en leadership de pleine conscience (mindfulness).

C’est avec bienveillance, sourire et ouverture qu’il nous a partagé quelques éléments assez évidents et pourtant peu appliqués.

Une phrase d’introduction qui donne le ton : « Le leadership aujourd’hui consiste à désapprendre le management et réapprendre l’humain ». Et 3 mots clés, 3 « gros mots » comme il les appelle, que l’on va détailler.

Pleine conscience : être totalement présent lors des réunions, lors d’échanges avec ses collaborateurs. Les membres d’une équipe ont besoin de se sentir écoutés, être connectés. Ce simple lien humain qui ne demande aucune ressource spécifique, simplement l’attention à l’autre, permet d’exprimer son plein potentiel.

Altruisme : se libérer de l’emprise de son égo, cette pulsion égoïste qui dirige notre première action, nous enferme, nous rend vulnérable. Souffler, respirer, prendre du recul pour une vision d’ensemble et agir avec une confiance profonde, sans attendre la reconnaissance. Etre guidé par le bon sens, le collectif.

Bienveillance : la compassion, le soin des autres et le soin de soi. Oui, la bienveillance commence par soi, par se respecter soi-même, en connaissant ses propres besoins et les satisfaisant, afin ensuite, de pouvoir s’ouvrir aux autres. Et puis la magie de la bienveillance, c’est qu’elle fait toujours du bien à celui qui la ressent !

Au-delà des mots, l’important c’est d’incarner ces valeurs. D’en prendre le chemin. Nous avons tous ces capacités en nous, elles se travaillent. C’est en ce sens que la méditation est un réel atout business. Intégrer les qualités humaines pour agir plus en conscience, dans une vision d’ensemble. Se poser, se recentrer, respirer pour ressentir ses émotions, les accueillir, tout comme celles de ses collaborateurs. Les accepter pour construire en toute connaissance de cause, en tenant compte de chacun (j’oserai un « ici et maintenant »).

François invite les dirigeants à prendre du recul et accepter que tout est lié et commence par les fondations : pour bien diriger son entreprise, il est préférable de bien diriger ses collaborateurs et bien se diriger soi. Se comprendre et se connaître pour adopter la bonne posture face aux situations du quotidien, face aux émotions des autres et faire preuve de souplesse, d’agilité, de créativité.

Dans le contexte actuel, une question : les entreprises peuvent-elles poursuivre une vision seulement économique alors qu’elles sont composées d’humains qui vivent cette situation inédite, avec de nombreuses émotions ? 

« La performance économique n’est pas antinomique avec le bien être de chacun et l’expression des émotions. »

Apprendre à comprendre ses propres émotions permet un meilleur respect de soi, de son rythme. Optimiser son organisation pour accorder les tâches à accomplir selon l’émotion ressentie permettrait accroître son efficacité. Tenter de comprendre les émotions de ses collaborateurs, être à leur écoute, permet de sortir le meilleur de chacun. Et la bonne nouvelle c’est qu’on peut tous y arriver ! De nombreuses ressources sont à notre disposition, surtout dans le contexte actuel, pour nous apprendre à vivre et accepter nos émotions, pour, grâce à la respiration et la méditation par exemple, les laisser sortir et pouvoir se remplir d’une énergie plus positive, plus productive. La méditation pour se recentrer, pour mieux faire avec ce qui nous entoure. Ralentir pour mieux avancer. Relier les savoirs, technique et être. Inventons le management de demain !

By Mélanie Sevilla

L’humain au cœur du propos : de la marque aux consommateurs en passant par l’interne et les différents acteurs de la communication

L’humain au cœur du propos : de la marque aux consommateurs en passant par l’interne et les différents acteurs de la communication

Il est un temps où, penser à demain soulève beaucoup d’incertitudes, d’inconnues. Beaucoup de choses en mouvement, aujourd’hui, à vivre, observer, imaginer. Cependant, un élément reste et restera dans l’équation : l’humain. Vivant, en mouvance, imparfait, agile et inventif, il n’est pas toujours impliqué à sa juste valeur. Un équilibre peut s’envisager, sans se rêver.

De l’humain dans le discours des marques

77% des marques pourraient disparaître dans l’indifférence selon l’étude Meaningful Brands de Havas Group en 2019. Et pourtant, les marques ont un rôle à jouer dans la construction sociétale. Comme elles ont œuvré notamment pour l’émancipation de la femme, elles ont un rôle aujourd’hui et en auront un demain également, à imaginer. Certaines nous manquent déjà : elles ont su créer un lien d’attachement avec les français, d’utilité, de présence dans leur quotidien, comme Leroy Merlin ou Cultura. https://www.csa.eu/fr/survey/brands-and-you

Et d’autres ont maintenu leur présence en media, pour nous divertir, nous permettre de nous évader ou garder un semblant de « normalité » dans notre quotidien.

L’agence Altmann + Pacreau écrit « Pour que les gens aiment la pub il faut que la pub aime les gens ». De la considération. C’est ce que fait la marque Dove, depuis déjà plusieurs années #Montreznous, et prouve la solidité de sa posture, son engagement durant cette crise, avec sa nouvelle campagne qui valorise l’humain Courage is Beautiful. La marque se tient à nos côtés. Pour poser le discours des marques il faut de l’humilité et du sens, une vision et des ambitions, de la réflexion et une prise de recul. Il faut une plateforme de marque pour s’installer sur le long terme.

Peut-être pourrions nous mettre à profit ce temps suspendu pour certains, pour prendre de la hauteur et nous interroger sur le bien fondé de nos marques ?

De l’humain dans l’analyse, la réflexion

Qu’est-ce qui fait l’essence même d’une bonne stratégie de communication ou d’une bonne stratégie media ? L’analyse de la cible. La compréhension du consommateur que l’on souhaite séduire. En France, on a tendance à vouloir mettre dans des cases, c’est rassurant. Mais les français sont différents et pluriels. Les comprendre, savoir comment ils vivent, leurs attentes et leur état d’esprit, c’est fondamental pour bien choisir les mots, aller à leur rencontre, générer une émotion. L’importance de considérer le consommateur dans tous ses états, dans toute sa complexité. D’autant qu’aujourd’hui, on le voit, la façon de penser évolue. Des instituts d’étude recueillent régulièrement la façon dont ils vivent la période actuelle.

La consommation media change également. L’écoute de la radio digitale est en forte augmentation. Et dans les stations, avec sa moyenne d’âge proche des 53 ans, Nostalgie voit son écoute digitale bondir de +37% en Février 2020 versus Février 2019 selon l’ACPM et se classe au 6e rang des radios digitales en France (derrière France Inter, RMC, FranceInfo, NRJ et France Culture). Sans oublier la forte augmentation de la durée d’écoute TV, pas seulement liée à l’actualité mais également le divertissement notamment via le replay (TV délinéarisée).

Les media se sont digitalisés pour le plus grand plaisir de tous, ce qui leur apporte un souffle durant cette crise.

Peut-être pourrions nous mettre à profit ce temps suspendu pour certains, our rompre avec les a priori et nous interroger plus souvent sur nos consommateurs, leurs attentes et leur consommation media en intégrant le digital comme une force complémentaire et non une menace ?

De l’humain dans la mise en œuvre, l’activation

Les solutions ne viendront pas d’en haut mais du collaboratif, de la co-construction. Parce que réfléchir ensemble à un problème et trouver ensemble une solution permet de valoriser un plus grand nombre. Alors oui, cela nécessite un peu plus d’énergie au démarrage. Mais cela procure un sentiment positif de satisfaction, d’implication. Un moyen de faire grandir une entreprise en interne, mais aussi de le faire rayonner en externe. A l’image de Décathlon ou de LVMH pour ne citer que ces deux grandes. Mais d’autres PME se sont mobilisées, ont réfléchi avec leurs employés, pour changer les chaines de production. S’adapter, trouver des solutions, parfois de façon bénévole, mais avec une motivation et un sentiment d’utilité de sorte que le travail se faisait avec le sourire

 C’est ensemble que l’on pourra inventer demain.

La mise en œuvre c’est également l’interne, tous les gens qui participent, qui font partie de. Les fédérer, les faire adhérer, les considérer. Et pour cela, rien de mieux que le storytelling. Raconter l’histoire des ambitions, des objectifs à atteindre, des moyens mis en œuvre. Faire en sorte que tout soit aligné et que chacun se sente concerné. Le rayonnement commencera alors par l’interne et sera positif. Auquel viendra s’ajouter la communication de la marque, quels que soient les canaux choisis pour le faire.

Peut-être pourrions nous mettre à profit ce temps suspendu pour certains, pour écouter, sonder, considérer les collaborateurs en interne pour les valoriser, les impliquer, co-construire et avancer ensemble autour d’une histoire commune ?

De l’humain dans le management

Entre les réunions Zoom qui se poursuivent du matin jusqu’au soir, les activations de campagnes de la veille pour le lendemain, les reports et les annulations, le travail peut rester dense pour certains. C’est sans compter, la continuité pédagogique pour les enfants scolarisés, l’attention à porter aux enfants en bas âge, le questionnement des étudiants, le chômage partiel, tous ces éléments qui viennent bousculer le quotidien de chacun et rendre le rapport au travail différent. Le télétravail a le vent en poupe, certains comptent le développer « après », pour une meilleure qualité de vie. D’autres rêvent de quitter la capitale parce qu’on peut réfléchir et produire tout aussi bien depuis un autre coin de France. Dans cette situation, pas simple de gérer le relationnel d’une équipe quand on est manager. Ici encore, la nécessité de faire preuve d’écoute, de compréhension, de justesse. Se manager soi pour mieux manager les autres, son entreprise. Ici encore, cela prend de l’énergie mais c’est bien plus efficace ensuite, plus fluide, avec une meilleure adhésion. Dans ce contexte, la méditation prend tout son sens et se développe pour une meilleure présence ici et maintenant, plus de sérénité.

Le management des émotions entre en jeu dans une période où l’inquiétude et le stress côtoient la gratitude et la solidarité, où la frontière vie pro vie perso devient poreuse, où les silos tombent et la complémentarité devient une force. Les soft skills tant attendus lors des recrutements trouveront d’autant plus leur place demain. L’intelligence émotionnelle encore plus appréciée.

Peut-être pourrions nous mettre à profit ce temps suspendu pour certains, pour imaginer un management plus émotionnel, plus horizontal, favorisant la qualité de l’humain sans perdre en efficacité ?

De l’humain dans nos rapports annonceurs / agence / régie

Depuis quelques temps, ce trio se démène pour retrouver une relation pérenne, une relation de confiance. L’industrialisation de l’achat media, la difficulté de vendre une idée, la course à l’opérationnel, un grand nombre d’éléments sont venus fragiliser une relation pourtant essentielle.

Pourtant, on le sait et on le voit aujourd’hui, on a tous besoin les uns des autres, on est tous utiles. Les audiences et la réactivité des régies, le conseil et l’agilité des agences, les innovations et la communication des marques. C’est une équation en équilibre. On a l’habitude de dire que les français sont râleurs, mais en ce moment, ce qui émerge c’est la gratitude. Le remerciement pour tous ceux qui s’engagent au quotidien pour les français. A l’image des régies TV qui remercient les marques ayant, durant le confinement, maintenu leur campagne, maintenu le lien avec leur cible, et permis aux chaînes de préserver un business minimum. 

Peut-être pourrions-nous mettre à profit ce temps suspendu pour certains, pour réapprendre à travailler ensemble, mettre à plat et nous faire confiance, nous respecter et œuvrer ensemble ?

Parce qu’il est certain qu’il y aura un avant et un après et que vivre le moment présent permet d’observer, de réfléchir, de s’enrichir, de se réinventer, de s’améliorer, de se poser, d’impulser, d’oser, de s’adapter, de grandir, faire grandir, remercier, faire adhérer, motiver, impliquer, aligner ses valeurs. Les valeurs de l’humain.

Peut-être pourrions-nous mettre à profit ce temps suspendu pour certains, pour redonner à l’humain sa juste valeur, dans la communication, dans les media, dans les agences, dans nos discours, dans le management, dans les relations, au quotidien ?

By Mélanie Sevilla

Achat media : de l’industrialisation au lien humain

Achat media :
de l’industrialisation au lien humain

Travailler ensemble, agences, régies, marques en valorisant nos capacités respectives

La fragmentation des métiers liés à la communication et aux médias a tendu le marché et rendu complexes les relations avec les annonceurs. Confrontés à un grand nombre d’expertises et de discours, difficile pour ces derniers de savoir quelle activation est indispensable pour émerger. Quant aux différents acteurs du marché, la concurrence a pu fragiliser leur économie et contraindre certains à réagir avec quelque peu d’agressivité ou un manque de transparence. Pourtant, plusieurs éléments se mettent en place pour restaurer la confiance, travailler ensemble pour plus d’efficacité et des relations plus saines. 

  Lire la suite
1 2